
Accouchement par déclenchement : pourquoi et comment ?
Découvrez-en plus sur le déclenchement de l'accouchement : raisons médicales, méthodes et conseils pratiques pour un accouchement en toute sérénité.
Déclencher un accouchement, c'est un peu comme mettre les bouchées doubles pour accueillir bébé ! Que ce soit pour des raisons médicales ou juste pour s'assurer que tout le monde soit prêt, ce processus peut sembler un peu flou. Alors démystifions tout ça ensemble.
Quand déclencher un accouchement ?
Le médecin peut suggérer un déclenchement artificiel des contractions pour des raisons médicales.
Mais peut-être avez-vous déjà entendu parler de déclenchement pour des raisons de convenance, ou d’accouchement programmé ? Dans ce cas-ci, le travail est provoqué – sous certaines conditions – sans raison médicale précise.
Le déclenchement pour raisons médicales
Lorsque la poursuite de la grossesse est susceptible d’avoir une incidence sur la santé de la future maman et/ou du bébé à naître, le médecin peut décider de déclencher l'accouchement.
Plusieurs situations peuvent pousser le médecin à recommander le déclenchement d'un accouchement :
- Le terme de la grossesse est dépassé : il sera recommandé de le faire dès que la durée du dépassement excède les 6 jours ou si le corps médical juge que la poursuite de la grossesse entraîne un risque pour l’enfant ou pour la femme enceinte.
- La rupture prématurée de la poche des eaux : si le travail ne s'enclenche pas suite à la rupture des membranes, le déclenchement artificiel est généralement entrepris dans un délai maximum de 2 jours, car le risque infectieux pour le bébé augmente considérablement.
- La mère ou le bébé a un problème de santé : par exemple, une infection utérine peut entraîner des complications graves, tant pour la mère que pour l'enfant, et nécessitent des soins médicaux immédiats.
Le déclenchement pour raisons de convenance
"Convenance" rime-t-il avec un accouchement à la carte ? Détrompez-vous ! En Belgique, les accouchements ne sont pas planifiés sur un coup de tête, mais plutôt pour éviter les complications. Par exemple, les grossesses gémellaires ou multiples représentent plus de risques que les grossesses « classiques » et le travail est souvent déclenché artificiellement.
Sachez, cependant, que l'induction artificielle requiert des critères médicaux et techniques spécifiques :
- avoir atteint au moins 39 semaines d’aménorrhée (environ 8 mois et demi)
- un col de l’utérus favorable (col ramolli et un peu ouvert)
- un utérus non cicatriciel
Il est important de préciser que, jusqu'à la dernière minute, la future maman garde le pouvoir de dire "non" au déclenchement.
Enfin, il peut arriver que l’équipe médicale ne puisse pas pratiquer le déclenchement parce que toutes les conditions organisationnelles et de sécurité ne sont pas réunies.
Comment se passe un déclenchement artificiel ?
Avant de provoquer le travail, le médecin examine l'état du col de l'utérus et détermine s'il est nécessaire ou non d'envisager la rupture de la poche des eaux. Les techniques utilisées sont variées (manuelles, par perfusion, etc.) et dépendent de la maturité du col.
C’est au médecin gynécologue que revient la décision finale du choix de la méthode employée. Il devra toutefois en informer sa patiente et lui expliquer son fonctionnement, ses avantages et ses inconvénients.
Le décollement des membranes de la poche des eaux
Cette méthode relativement simple consiste à séparer doucement la membrane qui compose le sac amniotique dans lequel baigne le bébé (la poche des eaux), de la paroi de l’utérus afin d’induire un début de travail.
Pour le décoller, le praticien (médecin ou sage-femme) introduit un doigt ou deux à travers le col de l’utérus, lors d’un toucher vaginal. Il effectue ensuite un mouvement circulaire à 360 degrés autour de la poche des eaux, aussi profondément que possible, dans le but de la séparer de la paroi utérine.
Cette technique n'est possible que si le col est suffisamment dilaté et ouvert. De plus, son efficacité varie d'une femme à l'autre. Chez certaines, il peut déclencher des contractions dans les 48 heures, tandis que pour d'autres, il va provoquer une irritation de l’utérus et des contractions de faible intensité qui ne permettront pas de déclencher le travail.
La rupture artificielle des membranes du sac amniotique
Si le bébé est engagé dans le col utérin et celui-ci est dilaté à 2 cm minimum, le médecin gynécologue-obstétricien peut décider de rompre la fameuse « poche des eaux ».
Pour cela, le praticien utilise une sorte de petit crochet afin de « trouer » la membrane. Cette procédure parfois inconfortable n’est en revanche pas douloureuse pour la future maman et permet bien souvent de déclencher des contractions dans les heures qui suivent et faciliter le travail.
Le déclenchement de l’accouchement avec des prostaglandines
Si le col utérin reste totalement fermé ou très peu ouvert, des prostaglandines de synthèse peuvent être introduites au sein du col afin de préparer le col et de démarrer le travail. Les prostaglandines font, en effet, partie des hormones sécrétées par l’organisme au cours de l’accouchement. Pour déclencher le travail de manière artificielle, des prostaglandines de synthèse peuvent être apposées au moyen d’un gel ou d’un tampon imbibé.
Cette méthode est assez couramment employée et permet de contribuer à la maturation et au raccourcissement du col de l’utérus.
Le déclenchement de l’accouchement par ballon
Cette méthode de déclenchement consiste à provoquer les contractions par le biais d'un ballonnet. Celui-ci est placé au niveau du col utérin où il sera délicatement gonflé avec de l’eau stérilisée.
Cette technique permet d'exercer une pression sur le col, ce qui va favoriser mécaniquement sa dilatation et son effacement. Non douloureuse, cette pratique peut cependant prendre plusieurs heures. Certaines femmes rentrent même chez elles avec le dispositif en place en attendant que le travail débute.
Le déclenchement de l’accouchement avec de l’ocytocine
La dernière arme dans l'arsenal des médecins pour enclencher le travail : la perfusion d’ocytocine de synthèse. Cette hormone, naturellement produite par l’organisme de la femme enceinte au moment de l’accouchement, déclenche les contractions de l’utérus.
Les médecins administrent des doses minimes d’ocytocine par voie intraveineuse, car cette hormone peut provoquer des contractions très intenses et particulièrement douloureuses chez certaines femmes. Une surveillance accrue et un monitorage attentif du bébé sont essentiels. Dès que le travail et la dilatation du col utérin le permettent, une anesthésie péridurale peut être demandée pour atténuer la douleur ressentie. En attendant, si la femme enceinte le souhaite, d’autres moyens antidouleur pourront être proposés.
Est-il possible de déclencher soi-même l'accouchement ?
Certaines méthodes naturelles sont considérées comme des aides au déclenchement des contractions. Bien que certaines personnes rapportent des résultats positifs, les chercheurs ne disposent que de peu de preuves de leur efficacité. Par conséquent, consultez toujours votre médecin avant d'essayer quoi que ce soit.
Parmi les méthodes les plus souvent mentionnées :
- Manger de l'ananas
- Massage de réflexologie plantaire
- Induction par l'acupuncture
- Tisane aux feuilles de framboisier
Déclencher un accouchement : quelle durée ?
Une fois arrivé à la maternité, vous serez examinée avant de procéder au déclenchement de l’accouchement. Selon la technique utilisée et l'état de votre col, vous serez renvoyée à la maison ou directement en salle de naissance. La durée du déclenchement du travail peut varier selon les cas, mais il dure en moyenne entre 24 et 48 heures.
Quoi qu'il en soit, une surveillance sera mise en place et l’état du col sera évalué régulièrement par l’équipe médicale jusqu'à ce que les contractions utérines augmentent et que le travail commence !